On minterpelle de tous
côtés : " salaud, où as-tu mis le lavabo ? Tous à la
Bastille ! " Mais lors, cest la Bastille qui se rebiffe :
" vous là, rendez-moi le Président que vous avez dans la
poche ". La scène devient confuse car le journal est passablement mouillé et
la place de La Bastille pleure de plus en plus. Comment faire pour la consoler ?
Le Président mexplique " de ma longue expérience, comme conseiller
général de Ramirois sur Sèze, jai tiré la savon suivant : si vous voulez
moucher une place qui pleure, Desrousseaux, passez là au lavabo cinq minutes ".
" Un lavabo à Nation pour une place qui se trouve à la Bastille ",
je lui fais ? " Exactement ", entame-t-il dans son discours. Il
me lance un clin dil et déclare à la Bastille : " cest
un nouveau discours plus humain, plus réaliste aussi et davantage tourné vers les
problèmes de société ". La Bastille décide alors de passer un il par
le siphon.
Tout ce que le Président a réussi à faire, avec ses beaux discours, cest de
boucher le lavabo ! Tout le monde râle. Surtout dans le métro à huit heures du
matin. Et ça fait des tâches de papier journal partout. Comme les journaux que lon
voit sur les manteaux de fourrure. Pour ceux-là, au moins, pas besoin dun beau
discours. Une touche de savon suffit.
On fait maintenant comprendre au Président de cesser son discours. Un coup de fourchette
sec sur le rebord du lavabo et le Président sarrête. Il finit par un
" merci de votre attention, les amis. Si vous voulez, jai encore quatre
tomes de discours cachés dans mon lavabo ".
" Menteur ! lui répond le savon. Ce ne sont pas vos discours.
"Cest votre nègre qui les a écrit ". " Merci pour le
nègre, je fais, mais avec vos conneries, vous avez fâché la Bastille ".
" En effet, fait le Président, il est temps que je me retire, la Bastille est
tout rouge ".
Il se retire. Sur le champ, je procède à lélection dun nouveau Président.
Le journal vote savon. Le métro vote Nation, Nation vote Bastille t moi, je vote pour
moi. Cest la lavabo qui est élu. Sans que personne vote pour lui. Et le lavabo
commence son discours. Le journal me tâche les doigts de dégoût et me
glisse : " quand est-ce quon descend ? "Quand on
aura tiré la bonde, je lui fais en rigolant
"
 
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