Pascal Desrousseaux : Ecrivain?

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On m’interpelle de tous côtés : " salaud, où as-tu mis le lavabo ? Tous à la Bastille ! " Mais lors, c’est la Bastille qui se rebiffe :   " vous là, rendez-moi le Président que vous avez dans la poche ". La scène devient confuse car le journal est passablement mouillé et la place de La Bastille pleure de plus en plus. Comment faire pour la consoler ?
Le Président m’explique " de ma longue expérience, comme conseiller général de Ramirois sur Sèze, j’ai tiré la savon suivant : si vous voulez moucher une place qui pleure, Desrousseaux, passez là au lavabo cinq minutes ". " Un lavabo à Nation pour une place qui se trouve à la Bastille ", je lui fais ? " Exactement ", entame-t-il dans son discours. Il me lance un clin d’œil et déclare à la Bastille : " c’est un nouveau discours plus humain, plus réaliste aussi et davantage tourné vers les problèmes de société ". La Bastille décide alors de passer un œil par le siphon.
Tout ce que le Président a réussi à faire, avec ses beaux discours, c’est de boucher le lavabo ! Tout le monde râle. Surtout dans le métro à huit heures du matin. Et ça fait des tâches de papier journal partout. Comme les journaux que l’on voit sur les manteaux de fourrure. Pour ceux-là, au moins, pas besoin d’un beau discours. Une touche de savon suffit.
On fait maintenant comprendre au Président de cesser son discours. Un coup de fourchette sec sur le rebord du lavabo et le Président s’arrête. Il finit par un " merci de votre attention, les amis. Si vous voulez, j’ai encore quatre tomes de discours cachés dans mon lavabo ".
" Menteur !  lui répond le savon. Ce ne sont pas vos discours. "C’est votre nègre qui les a écrit ". " Merci pour le nègre, je fais, mais avec vos conneries, vous avez fâché la Bastille ".
" En effet, fait le Président, il est temps que je me retire, la Bastille est tout rouge ".
Il se retire. Sur le champ, je procède à l’élection d’un nouveau Président. Le journal vote savon. Le métro vote Nation, Nation vote Bastille t moi, je vote pour moi. C’est la lavabo qui est élu. Sans que personne vote pour lui. Et le lavabo commence son discours. Le journal me tâche les doigts de dégoût et me glisse : " quand est-ce qu’on descend ? "Quand on aura tiré la bonde, je lui fais en rigolant… "

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