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Histoire
du petit homme tout feu, tout flamme |
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Le
petit homme grille cigarette sur cigarette, pas peu fier de fumer
comme un
sapeur. Comme un sapeur la comparaison lui plait. Elle flatte ce qui
lui
reste de rêve de petit garçon. Pour un peu, le petit homme se
sentirait tout
feu, tout flamme.
Qu’à cela ne tienne, une cigarette le prend au mot. La cendre
tombe, incandescente
près du rideau. Elle rougeoie, rougeoie, et le rideau prend feu.
C’est
l’occasion rêvée d’appeler les pompiers. Vite le 18 ! Que d’émotion
! Non,
le petit homme se ravise. Il ne souhaite pas déranger les soldats du
feu pour
si peu. Mieux vaut attendre que tout l’appartement s’enflamme le
petit homme
aura peut être droit à la lance à incendie, et qui sait, à la
grande échelle…
Rien de plus attristant qu’un incendie qui ne se propage pas.
Quelques flammèches
puis le brasier part en fumée. Le rideau brûle, un torchon aussi,
mais
pas davantage. La flamme s’éteint. Le petit homme n’a pas su l’attiser.
Et sans
flamme, à qui viendrait l’idée de se consumer ?
Les casques d’argent restent dans leurs vestiaires. Les pompiers
seront vexés, cantonnés
dans leur caserne. Ce qui leur faudrait, imagine le petit homme qui
ne
veut surtout pas décevoir ses amis pompiers, c’est un grand feu de
joie. N’est
pas pyromane qui veut. Le petit homme n’ignore pas qu’il lui
faudrait se procurer
à tout le moins un jerricane d’essence ou une bonbonne de gaz. Pour
bien
faire, quelques pains de plastic ne seraient pas de trop. Peut être
devrait-il
aussi prévenir les voisins. Voilà un projet qui sent le soufre.
On sonne à la porte. Alerté par un voisin incommodé par l’odeur,
les pompiers débarquent
en force dans le salon du petit homme. Un coup d’extincteur, et le
petit
homme est tout de suite calmé.
pour en savoir plus...
 
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