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Histoire
du petit homme qui remettait les pendules à leur place |
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Vienne
la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Passent les
jours et
passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent,
carillonne la pendule,
un peu poète.
Il est six heures. C’est en tout cas ce que le petit homme déduit
des vers de la
pendule. Pour le reste, il faudrait vérifier à sa montre, mais le
petit homme
n’en porte pas au poignet, c’est un petit homme qui se méfie des
rouages nomades
des montres vagabondes. Leurs aiguilles ont beau tourner comme il se
doit dans
le sens des aiguilles d’une montre, elles doivent pourtant se
déplacer
avec le marcheur quand il marche, avec le coureur quand il court, et
ce
quelque soit la direction prise, et ce même s’il vient au
possesseur de la montre
l’idée, absurde, et cependant pas impossible, de tourner dans le
sens inverse
des aiguilles d’une montre. Comment faire dès lors confiance à une
montre
qui peut-être aussi facilement déboussolée ? Mieux vaut recourir au
temps
sédentaire, à la pendule de salle d’attente, de boulevard, de
salon, qui… vous
attend au tournant et sonne six heures sans crier gare.
Comme il n’est jamais si tard que lorsque l’on n’a pas le temps,
et que le petit
homme n’a pas le temps, les six heures de la pendule sont
particulièrement
malvenues. Qu’à cela ne tienne, dit la pendule, il suffit de
remettre
les pendules à l’heure. Mais quelle heure est-il ? Les jours s’en
vont je
demeure, chante la pendule, six heures et quart. Dépêchez-vous !
« De quoi je me mêle », fait le petit homme, « la poésie ne vous
autorise pas à me
parler sur ce ton ! » Les pendules sont, il est vrai, bien
impertinentes avec
tous ces vers qu’elles sonnent à l’oreille des gens ignorants. «
Grande aiguille,
petit aiguille, pendule à balancier, vous n’êtes peut être pas
une montre,
même si cela reste à prouver, mais je vous prie pour autant de ne
pas me
faire perdre mon temps avec des remarques déplacées. Exactitude,
ponctualité,
voilà des vertus d’horloger, que vous feriez bien de méditer… ».
Chacun à sa place.
Tic, tac, fait la pendule.
pour en savoir plus...
 
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