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Histoire
du petit homme qui n'avait plus un radis |
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Le petit
homme ne va pas souvent au restaurant : le radis y est rarement servi.
Or s’il
y a bien un plat de fête, un légume que le petit homme chérit, c’est
évidemment
le radis. Il n’est d’ailleurs pas rare que le petit homme déjeune
d’un
simple radis à la croque au sel. Un vrai repas de gourmet, affirme le
petit
homme à ceux qui ne jurent que par viande et fromage. Et oui ! Le
radis, comme
le petit homme, n’est fade et creux qu’en apparence : il devient
vite piquant
si on l’arrose de compliments. Le radis rougit alors quelque peu. Le
petit
homme aussi. Lui ne vit pas en botte, c’est là la seule
différence.
Comme tout véritable amateur, le petit homme a ses bonnes adresses.
Il n’achète
pas ses radis chez n’importe qui. Le petit homme a déniché un
petit maraîcher
qui ne paie pas de mine mais dont les radis, fins et roses, sont
fameux.
Quand le petit homme n’a plus un radis, le marchand lui fait
crédit. C’est
pourquoi on ne fait pas fortune dans le légume. Un vrai métier de
crève- la-faim.
Avec son marchand, le petit homme refait le monde. Un monde où
vivraient à leur aise
des radis, sales, terreux, barbus, qui vivraient leur vie au fond des
jardins,
qui vivraient vieux, quitte à devenir gros et violacés. Hélas,
aujourd’hui,
regrette le petit homme, on ne vit pas vieux dans le légume.
Le marchand
n’est pas causant mais il acquiesce sobrement. Au royaume du
surgelé et
du génétiquement modifié, le radis ne fera pas de vieux os. Voilà
pourquoi, conclut
le petit homme, radis rime avec nostalgie.
Nostalgie.
pour en savoir plus...
 
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